Dans les transports / sur Paris

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Je suis une grosse moule.

Je ne peux pas toucher mes pieds avec mes mains, je ne peux pas faire de pompes, j’ai du mal à faire quoi que ce soit lorsque je tiens en équilibre sur un pied, ma vitesse moyenne et maximale est de 5km/h, je sais faire la galipette mais uniquement si je la démarre en position accroupie, je sais nager mais uniquement la brasse, je sais faire du vélo mais mes pieds doivent pouvoir toucher par terre… Si je participais à Kohlanta ça donnerait sans doute quelque chose de très comique.

Du coup, tout le monde autour de moi s’inquiète : comment pourrais-je faire si quelqu’un venait à m’attaquer pour me voler toutes mes affaires, moi qui suis à peine capable de porter un tabouret ? Eh bien, de la même manière que certains animaux inoffensifs se parent de plumes semblables à des yeux ou se font gonfler pour sembler plus impressionnants devant leur prédateurs, je m’adapte naturellement à un environnement hostile par de fourbes procédés vestimentaires.

En effet, lorsque le danger potentiel « picpocket » me voit arriver, il fait le constat suivant :

Ce que je porte est encombrant, n’a manifestement pas grande valeur et sera sans doute trop moche ou dans un état trop inquiétant pour être revendu. Qui plus est je n’ai pas l’air commode, c’est louche, on ne sait jamais… Du coup je pense que personne, en me voyant, ne ressent l’envie de me voler quoi que ce soit.

Nous autres, parisiens et banlieuzards, savons tous combien il est difficile de faire ses besoins au coeur de notre belle capitale.

De nombreuses cabines publiques sont prévues à cet effet, mais elles sont le plus souvent condamnées ou en cours d’utilisation.

On trouve également des toilettes dans les gares, par exemple, mais elles sont payantes, et si je coût n’est en soi pas monstrueux, il est extrêmement difficile de fouiller dans son porte monnaie quand on meurt d’envie d’aller aux wc.

La plupart des restaurants et même certains cafés bénéficient de toilettes, mais depuis quelques années ils ont trouvé une merveilleuse manière de se faire des clients grâce à des stratagèmes comme celui-ci :

C’est pourquoi aujourd’hui je vais vous dévoiler l’adresse de mon merveilleux SPOT-PIPI, un lieu propre, confortable, merveilleusement bien situé et libre d’accès (pour peu qu’on s’infiltre discrètement), qui n’est autre que les toilettes du Starbucks situé à mi chemin entre Pyramides et Opéra, non loin du superbe passage Choisseul, de Junku, de l’épicerie Kyoko, de ACE Opéra et du Louvre.

(Notez tout de même que le jour où ils instaureront le code d’entrée, il faudra trouver un autre lieu, parce que le Starbucks c’est chouette mais très cher)

… Ces gens là sont des professionnels…
(Le plus drôle, comme me l’a fait remarquer ma mère, c’est que ce sont les mêmes personnes qui travaillent pour toutes ces organisations)

Après un mois sans rien, j’ai pas mal de choses à envoyer sur le blog, mais je me devais d’aborder en premier lieu le problème du jour, aussi m’en suis-je occupée directement !

Si vous voulez que :
– La gare Saint Lazare ait réouvert ses portes pour 17h et que je rentre chez moi sans encombres, tapez 1.
– Je sois obligée d’embêter mon oncle dans sa boutique de BDs pour qu’il me ramène en voiture, tapez 2.
– Je marche de la défense jusqu’à chez moi, dans le froid, la pluie, le vent et laissant toute ma famille dans l’inquiétude, tapez 3.

Mercredi dernier, dans le métro, j’ai eu la chance de voir trois garçons tout à fait pitoresques qui m’ont bien amusée pendant une quinzaine de minutes, parce qu’ils avaient le look un peu improbable des mecs dans les manga pour filles. On avait : l’homme d’affaire décontracté et mystérieux, l’original – enfin, il avait les cheveux longs et une montre hello kitty, ça s’arrête là – un peu propre avec un sourire permanent et le… Euh… Le motard-rebel-au-grand-coeur qui s’assied par terre contre la porte avec une cigarette non allumée dans la bouche. Apparemment ils se sont coordonnés pour se donner des genres qui se complètent et ainsi donner l’effet « personnages de shoujo manga » ; je les ai entendu dire qu’ils « jouaient » quelque part, donc ce doit être une sorte de boys band, je ne sais pas.

À la limite, si il n’y avait eu que ça, je n’aurais sans doute pas rigolé longtemps : des gens habillés « fashion », il y en a plein, je ne peux pas exploser de rire chaque fois que j’en croise (et puis ils m’ont rien fait, ces braves garçons)… Ils parlaient avec un ton à là « han ouais tu vois… » et discutaient de leurs problèmes relationnels (je me souviens surtout d’une fille qu’ils appelaient « l’Oréal », mais je suis pas sûre d’avoir bien entendu) avec une superficialité que je ne croyais pas possible chez des personnes en chair et en os. Comme bien évidemment ils s’exprimaient haut et fort, tout le monde y a eu droit, et même si ça carrait l’effroi on était un certain nombre à sourire.

Au bout d’un moment, j’essayais de me demander à quel genre de groupe ils pouvaient appartenir. J’ai d’abord pensé à la tektonik (parce qu’ils portaient des slims) avant que jaillisse dans ma tête le souvenir d’un mythique sketch des Minikeums :

À partir de cet instant, impossible de me retenir. Je glousse toute seule dans mon coin et je dessine rapidement les trois « Bogoss Five » pour ne pas oublier comment ils sont habillés.